Rencontres interdisciplinaires 2020
30 novembre 2020
9 h 30 – 12 h
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Une discussion publique entre des étudiant·e·s en Design et arts numériques (Université Concordia, séminaire Critical Materiality, professeure Alice Jarry) et des étudiant·e·s en communication (Université de Toronto, séminaire Media Archaeology, professeure Marie-Pier Boucher).
Une grande partie de la recherche-création se manifeste à travers la forme et l’expérience de la perception sensorielle. Que se passe-t-il lorsque l’atelier et nos pratiques matérielles se déplacent dans l’espace public ? Comment la recherche-création en cours d’élaboration peut-elle être communiquée et expérimentée ?
Cette activité vise à interroger la pratique en relation avec les matériaux et la matérialité, les objets, les technologies, les médias et les techniques, ainsi qu’avec les enjeux socioenvironnementaux. Réparti·e·s en quatre groupes interuniversitaires, les étudiant·e·s présenteront leurs projets et leurs recherches sous forme de prototypes ou de versions bêta, et rendront compte publiquement de leurs démarches et méthodes.
Les groupes développeront des boucles de rétroaction entre les idées pratiques et théoriques catalysées par les deux séminaires. Ce format vise à renouveler les conditions dans lesquelles la création se réalise, est exposée et communiquée.
Cette activité de deux jours comprendra des ateliers, des tables rondes et des discussions ouvertes.
Horaire des conférences
Partie 1 —
Slow Tech et « response-ability » : production et consommation durables des textiles et de la mode
30 novembre, 9 h 30 à 10 h 30
Avec Sidney Bagsit (Université de Toronto), Charlene Cruz (Université de Toronto), Juliette Dam Bonneau (Université Concordia), Catherine Weng (Université Concordia), Larissa Zemke (Université Concordia)
Partie 2 —
(Re)former et remédier aux infrastructures communautaires
30 novembre, 11 h à 12 h
Avec William Couture (Université Concordia), Kunning Chen (Université de Toronto), Lisa Dubuc (Université Concordia), Emily Gorner (Université Concordia), Julianna Ramrattan (Université de Toronto), Philippe Vandal (Université Concordia), Lindsey Weller (Université Concordia)
Description des conférences
Partie 1 —
Slow Tech et « response-ability » : production et consommation durables des textiles et de la mode
Comment les méthodes de conception et de production durables, accessibles et inspirées du bricolage (DIY) peuvent-elles être déployées à plus grande échelle en réponse à la production industrielle ?
Que nous apprennent les contextes sociohistoriques des matériaux (coton, laine, soie, etc.) et des modes de production vestimentaire (métier Jacquard, machine à coudre, coupe de patrons, etc.) sur l’évolution des expériences humaines sociales, culturelles et environnementales ?
À une époque marquée par la dégradation de l’environnement et la surconsommation, repenser la conception, la production et la consommation de vêtements et de textiles est essentiel à un avenir durable. Les statistiques montrent qu’au cours des quinze dernières années, les achats de vêtements ont doublé tandis que le nombre moyen de fois qu’un vêtement est porté a diminué de 20 % (Ellen MacArthur Foundation, 2017). Cette tendance révèle que les textiles et vêtements sont jetés en bien plus grande quantité qu’auparavant.
Comment pouvons-nous, en tant que designers et consommateurs, réduire l’impact environnemental de l’industrie de la mode et du textile ?
Cette conférence explore l’application des concepts de slow tech et de « response-ability », définie par Donna Haraway (2016) comme la capacité à « cultiver des savoirs et des pratiques collectifs », au secteur du textile et de la mode. La discussion sur la durabilité et la circularité s’appuiera sur les perspectives de designers, d’archéologues des médias et de praticien·ne·s du domaine.
Des pratiques durables telles que le zéro déchet, la biodégradabilité et la revalorisation (upcycling) seront présentées aux côtés d’analyses issues de l’archéologie des médias portant sur la production et la consommation des vêtements et textiles.
La conférence s’articule autour de thèmes tels que les médias résiduels, la circularité, la revalorisation, la remédiation, les récits machinistes, la conception axée sur le démontage et le média comme prolongement de l’humain. Une attention particulière sera portée aux procédés durables de conception et de fabrication textile afin de mettre en lumière leurs contextes sociohistoriques.
Mêlant présentations formelles et discussions, l’événement comprend également un atelier visant à encourager la réflexion sur les possibilités d’une consommation et d’une mise au rebut responsables des vêtements et des textiles.
Les participant·e·s sont invité·e·s à apporter deux objets pour prendre part à l’atelier :
- leur vêtement ou accessoire portable le plus précieux, pour des raisons sentimentales ou monétaires ;
- un vêtement parmi les moins utilisés qui, selon l’expression de Marie Kondo (2019), « ne procure plus de joie ».
Mots-clés : zéro déchet, textiles, circularité, technologies lentes (slow tech), remédiation, obsolescence, méthodes de production accessibles, revalorisation (upcycling), biodégradabilité.
Partie 2 —
(Re)former et remédier aux infrastructures communautaires
Comment pouvons-nous remédier aux espaces publics et favoriser des relations socioenvironnementales résilientes capables de transformer les structures de domination imposées aux environnements et aux communautés, notamment dans les domaines de la gestion des sols, des méthodes de déneigement et de leurs répercussions intersectionnelles ?
Comment la décolonisation des pratiques matérielles peut-elle (re)former les infrastructures communautaires et remettre en question les enjeux de justice socioécologique ?
(Re)former et remédier aux infrastructures communautaires est un dialogue interdisciplinaire qui explore les infrastructures matérielles, urbaines et sociopolitiques qui façonnent nos communautés, qu’il s’agisse du déneigement, de la filtration de l’eau, de la végétation urbaine ou encore des palais de justice.
Ces infrastructures publiques essentielles sont généralement perçues comme permanentes dans leur forme actuelle. Pourtant, chacune recèle un immense potentiel de transformation systémique grâce à des modifications concrètes de leurs composantes physiques et à l’engagement des communautés.
Trop souvent, les méthodes actuelles d’évaluation des infrastructures et des espaces publics manquent de nuances. Les effets négatifs de certaines infrastructures, ou le potentiel inexploité des matières résiduelles issues de processus secondaires, comme les lieux où la neige est entreposée après avoir été retirée des rues, ne reçoivent pas l’attention qu’ils méritent dans les débats sur les politiques publiques et la justice socioécologique.
Notre groupe explore de nouvelles façons d’évaluer les espaces publics à travers la matérialité et une approche interdisciplinaire afin de révéler leur identité dynamique et de rendre visibles les processus actifs qui les constituent.
Les participant·e·s de l’Université Concordia et de l’Université de Toronto mobiliseront des approches issues du design et de la théorie des médias afin d’envisager des changements sociaux et environnementaux positifs à travers une reconsidération de nos environnements matériels.
Les présentations seront organisées autour de quatre thèmes principaux :
- la matérialité intérieure des palais de justice ;
- la mise en œuvre de systèmes de plantation autochtones durables ;
- la gestion de la neige dans les espaces urbains ;
- la contamination des eaux usées dans les communautés autochtones.
(Re)former et remédier aux infrastructures communautaires invite le public à réfléchir aux façons dont les espaces publics et les politiques publiques influencent intimement leur quotidien. Dans la perspective de (re)former la matérialité urbaine, les matériaux eux-mêmes serviront de récits spéculatifs permettant d’explorer les nombreux problèmes complexes qui freinent le changement systémique au sein de nos communautés.
Mots-clés : gestion des ressources urbaines, espace public, médias résiduels, politiques publiques, infrastructures, remédiation décoloniale, environnementalisme intersectionnel, justice socioécologique, représentation matérielle, écologie urbaine.
Photo : Projets de William Couture, Lisa Dubuc, Emily Gorner, Philippe Vandal et Lindsey Weller.
Cette publication est également disponible en : English (Anglais)