Rencontres interdisciplinaires 2020
Vendredi 27 novembre 2020
Midi
En anglais
Gratuit
Diffusion en direct
Lien YouTube
L’intelligence artificielle est principalement envisagée sous l’angle de la technologie plutôt que sous celui de la culture ou de la société. Cette perspective cantonne généralement les systèmes intelligents au domaine des sciences informatiques et considère ces technologies sans prendre en compte les contextes dans lesquels elles émergent et fonctionnent. Dans le prolongement des études critiques sur les algorithmes, nous proposons une autre approche qui considère les algorithmes non pas comme agissant dans la culture, mais comme étant eux-mêmes une forme de culture, soit « une partie de vastes réseaux de significations et de pratiques pouvant être étudiés empiriquement » (Seaver, 2017, p. 1).
Cette perspective implique d’ouvrir la « boîte noire » de ces systèmes et de reconnaître leur composition multiple et hétérogène. Elle permet ainsi d’examiner ces technologies comme étant profondément imbriquées dans les cultures auxquelles elles appartiennent. Dans le cadre de cette table ronde, quatre membres du groupe de recherche Machine Agencies de l’Institut Milieux aborderont cette conceptualisation sous différents angles : les études culturelles, l’art computationnel, l’élaboration des politiques publiques et les infrastructures planétaires.
Nous souhaitons tenir cet événement en ligne afin de favoriser les échanges avec les participant·e·s et d’explorer collectivement les façons de travailler avec cette conception de l’intelligence artificielle, qui reconnaît d’emblée l’ancrage de ces technologies dans les contextes sociaux et culturels qui les façonnent.
Avec :
- Bart Simon, membre cochercheur, Université Concordia
- Christopher Salter, membre cochercheur, Université Concordia
- Fenwick McKelvey, membre cochercheur, Université Concordia
- Orit Halpern, membre cochercheur, Université Concordia
- Ceyda Yolgormez, membre étudiante, Université Concordia
Biographies
Bart Simon est directeur de l’Institut Milieux et professeur agrégé au Département de sociologie et d’anthropologie de l’Université Concordia. Ses domaines d’expertise comprennent les études du jeu, les études des sciences et des technologies ainsi que la sociologie culturelle. Ses recherches sur le jeu et le design vidéoludique portent sur une variété de genres et de plateformes, en s’intéressant aux relations entre les cultures du jeu, la matérialité sociale et la vie quotidienne. Ses travaux ont notamment été publiés dans Games and Culture, Game Studies et Loading. Ses recherches actuelles sur les matérialités du jeu, les scènes de jeux indépendants et les communautés de joueurs-créateurs sont financées par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.
Christopher Salter est artiste, professeur en arts numériques au Département de design et d’arts numériques de l’Université Concordia, codirecteur du réseau Hexagram pour la recherche-création en arts médiatiques, design, culture numérique et technologie, directeur d’Hexagram Concordia et directeur associé de l’Institut Milieux pour les arts, la culture et la technologie. Il a étudié l’économie et la philosophie à l’Université Emory avant d’obtenir un doctorat en mise en scène et théorie critique du théâtre à l’Université Stanford, où il a également mené des recherches au CCRMA (Center for Computer Research in Music and Acoustics). Ses installations à grande échelle, environnements performatifs et projets de recherche explorent et remettent en question la perception humaine en combinant des phénomènes haptiques, visuels, acoustiques et sensoriels. À la croisée des sens, de l’art, du design et des nouvelles technologies, ses œuvres immersives s’inspirent du théâtre, de l’architecture, des arts visuels, de la musique informatique, de la psychologie de la perception, de la théorie culturelle et de l’ingénierie. Réalisés en collaboration avec des anthropologues, historiens, philosophes, ingénieurs, artistes et designers, ses projets ont été présentés dans plusieurs manifestations internationales majeures, notamment à la Biennale d’architecture de Venise (2008), au Wiener Festwochen (Vienne), au Berliner Festspiele/Martin Gropius Bau (Berlin), au Musée d’art contemporain de Montréal, au National Art Museum of China (Beijing), à Lille 3000, au Chronus Art Centre (Shanghai), à la Fonderie Darling (Montréal), au HAU3 (Berlin) et au Laboral Centro de Arte y Creación Industrial (Gijón, Espagne). Il est l’auteur des ouvrages Entangled: Technology and the Transformation of Performance (MIT Press, 2010) et Alien Agency: Experimental Encounters with Art in the Making (MIT Press, 2015).
Fenwick McKelvey est professeur agrégé en politiques des technologies de l’information et de la communication au Département de communication de l’Université Concordia. Dans le contexte des débats entourant l’Internet des objets, il s’intéresse à l’Internet comme ensemble d’objets techniques. Ses recherches portent sur les machines, robots logiciels, intelligences artificielles, algorithmes et processus automatisés qui composent l’infrastructure de l’Internet. Elles le mènent des audiences du CRTC aux centres de données, tout en mobilisant des références théoriques allant de Gilles Deleuze à John Dewey. Ses travaux récents et en cours examinent les mécanismes logiciels qui gèrent les flux Internet et leur rôle dans les débats sur la neutralité du Net, les nouvelles plateformes numériques qui médiatisent l’engagement politique, ainsi que les algorithmes et systèmes d’intelligence artificielle qui influencent la découvrabilité des contenus en ligne. Pour analyser les mécanismes d’influence, de contrôle, d’incitation et d’optimisation propres à l’Internet, il s’appuie sur les études en communication, les études médiatiques, les études des sciences et des technologies ainsi que l’économie politique. Ses recherches ont été publiées dans New Media & Society, International Journal of Communication, European Journal of Cultural Studies et Canadian Journal of Communication. Il est l’auteur de Internet Daemons: Digital Communications Possessed (University of Minnesota Press, 2018) et coauteur, avec Greg Elmer et Ganaele Langlois, de The Permanent Campaign: New Media, New Politics (Peter Lang, 2012). Il est titulaire d’un doctorat du programme conjoint en communication et culture de l’Université York et de l’Université Ryerson (aujourd’hui Toronto Metropolitan University).
Orit Halpern est professeure agrégée au Département de sociologie et d’anthropologie de l’Université Concordia dans le cadre d’un recrutement stratégique en design interactif et théorie. Son travail établit des ponts entre l’histoire des sciences, de l’informatique et de la cybernétique, ainsi que les pratiques du design et de l’art. Son ouvrage Beautiful Data: A History of Vision and Reason Since 1945 (Duke University Press, 2015) propose une généalogie de l’interactivité et de l’obsession contemporaine pour les mégadonnées et la visualisation de données. Elle travaille actuellement sur deux projets : The Smartness Mandate, consacré à l’histoire et à la théorie de l’« intelligence » appliquée aux environnements et à l’informatique omniprésente, et Resilient Hope, qui examine les futurs planétaires produits ou compromis par les grands projets d’infrastructures technologiques. Elle a également publié et présenté ses travaux dans des contextes variés, notamment dans Journal of Visual Culture, Public Culture, Configurations, C-theory ainsi qu’au ZKM de Karlsruhe, en Allemagne. Titulaire d’une maîtrise en santé publique de l’Université Columbia, elle a obtenu son doctorat en histoire des sciences à l’Université Harvard. Elle a aussi bénéficié de bourses de recherche du Max Planck Institute for the History of Science, de la Graham Foundation, du Digital Culture Research Lab de l’Université Leuphana, de l’Institute for Public Knowledge de l’Université de New York et de la BMW Stiftung Herbert Quandt.
Ceyda Yolgormez est doctorante au programme d’analyse sociale et culturelle. Ses recherches examinent les modèles dominants de l’intelligence à travers l’histoire des sciences de l’intelligence artificielle. Elle a travaillé sur les interactions situées avec les agents d’intelligence artificielle et s’intéresse aux implications d’une sociologie de l’IA, tant pour la discipline sociologique que pour les futurs façonnés par les intelligences machinique. Elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles formes de relations sociales qui émergent des imaginaires et des pratiques soutenant les interactions avec les systèmes d’intelligence artificielle.
Cette publication est également disponible en : English (Anglais)