Du 25 au 30 août 2026, MUTEK revient pour une 27e édition placée sous le thème Fréquences symbiotiques. Fidèle à sa mission de faire dialoguer innovation technologique et expérimentation artistique, le festival déploie une programmation réunissant près de 120 artistes issus de 28 pays. Au fil des performances, des discussions du Forum et des installations du Village numérique, les travaux portés par des membres du Réseau Hexagram marquent la vitalité de la recherche-création développée dans les universités québécoises.
Le Village numérique : une vitrine pour la relève en recherche
En parallèle du festival, le Village numérique transforme le Quartier des spectacles en parcours d’art numérique accessible gratuitement du 20 août au 3 septembre. Plusieurs œuvres présentées portent la marque de collaborations de recherche-création entre professeur·e·s et étudiant·e·s.
C’est le cas de Fossilation, une installation qui poursuit son parcours après avoir été présentée au Centre culturel canadien à Paris dans le cadre de l’exposition Oscillation. Suspendue dans l’entrée de la SAT, une membrane en bioplastique translucide est reliée à l’architecture du lieu par un réseau de câbles dotés de capteurs. L’œuvre est issue d’un projet de recherche-création mené conjointement par des équipes de l’Université Concordia, de l’École des Arts Décoratifs — PSL et de l’Université de Toronto Mississauga. Le projet est codirigé par Alice Jarry, membre cochercheuse, Samuel Bianchini, membre collaborateur, et Marie-Pier Boucher, membre collaboratrice. Cette collaboration internationale mobilise également une douzaine d’étudiant·e·s-chercheur·euse·s qui ont contribué activement au développement de l’installation et à ses expérimentations.

Le Village numérique met également en valeur la création interdisciplinaire avec Corps en fête. Sous la direction artistique de Caroline Laurin-Beaucage, collaboratrice de l’UQAM, et de Chélanie Beaudin-Quintin, membre étudiante, cette installation réunit quatre œuvres numériques réalisées par des étudiant·e·s du Département de danse de l’UQAM. Projetées sur la façade du pavillon Président-Kennedy, elles explorent les croisements entre mouvement, image et espace public, tout en offrant une visibilité à une nouvelle génération de créateur·rice·s.
Une performance qui explore de nouvelles relations au vivant
Parmi les premières mondiales présentées cette année figure Les arbres communiquent entre eux à 220 Hertz de Nelly-Eve Rajotte, membre collaboratrice de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Dans cette performance audiovisuelle immersive présentée pour la première fois en direct, l’artiste associe image en mouvement, son génératif et dispositifs biosensibles afin de créer un paysage inspiré des écosystèmes boréaux. Reliant un synthétiseur modulaire à un arbre vivant, elle élabore un environnement où les frontières entre humain, technologie et nature deviennent poreuses. L’œuvre propose ainsi une réflexion sur les formes de communication du vivant et sur les possibilités d’écoute offertes par les technologies contemporaines.


Le processus de création de Les arbres communiquent entre eux à 220 Hertz a été présenté lors d’une table ronde aux Rencontres interdisciplinaires 2024.
MUTEK Forum : un espace de réflexion pour la recherche-création
Pendant trois jours, du 26 au 28 août 2026, le MUTEK Forum rassemble artistes, chercheur·euse·s et professionnel·le·s autour des mutations qui façonnent la créativité numérique.
Lors de la première journée consacrée aux récits et aux réalités en expansion, Navid Navab, artiste médiatique et membre doctorant à l’Université Concordia, apportera sa perspective sur les nouvelles formes narratives issues des relations entre corps, technologies et environnements. Reconnu internationalement pour son travail à la croisée de l’art, de la science et de l’ingénierie, il est récipiendaire du Golden Nica au Prix Ars Electronica 2026 dans la catégorie Digital Musics.

La deuxième journée, centrée sur les technologies et les interfaces du futur, met en lumière plusieurs membres de la communauté Hexagram. Jackson 2bears, membre de l’équipe de recherche Abundant Intelligences, présentera Écologies de l’IA issues du territoire, une présentation qui aborde les enjeux de souveraineté des données, de gouvernance communautaire et de réciprocité à travers des perspectives autochtones sur l’intelligence artificielle. La présentation sera suivie d’une discussion avec Ceyda Yolgörmez, membre étudiante à l’Université Concordia et participante au même projet de recherche.
Le groupe de recherche Machine Agencies, dirigé par les cochercheurs Fenwick McKelvey et Bart Simon, investit l’Édifice Wilder — Espace danse pour dévoiler Le Monolithe, un jeu social spéculatif et une expérience interactive qui interrogent notre relation à l’intelligence artificielle. Fruit d’une résidence de quatre mois au sein de l’Institut Milieux de l’Université Concordia. Le jeu explore les relations émergentes entre humains, technologies et systèmes numériques en envisageant l’interaction humain-machine comme un espace d’expérimentation sociale et de pensée critique.

Les biosignaux et leurs usages dans les arts numériques constitueront également un des temps forts de la journée. Une table ronde organisée par la Société des arts technologiques réunira notamment Karim Jerbi de l’Université de Montréal, Jacqueline Beaumont, membre étudiante à Concordia, ainsi que l’ancienne membre et artiste Erin Gee. Les participant·e·s examineront les potentiels créatifs et les limites des technologies biométriques dans les contextes artistiques contemporains.
La troisième journée, consacrée aux écologies de l’écoute, poursuivra cette réflexion sur les technologies sonores et les expériences immersives. Parmi les invitées figure Myriam Boucher, professeure et membre collaboratrice à l’Université de Montréal, qui participera à la discussion Sonic States aux côtés de spécialistes internationaux des environnements audio immersifs.
Une présence qui reflète la diversité des pratiques
Des performances immersives aux discussions sur l’intelligence artificielle, en passant par les installations urbaines et les projets interdisciplinaires, la programmation de MUTEK 2026 témoigne de l’étendue des champs d’exploration investis par le Réseau Hexagram. Leur présence illustre l’importance des échanges entre recherche universitaire, innovation technologique et création artistique dans le développement des cultures numériques contemporaines.
À travers leurs contributions, c’est toute la richesse d’un écosystème de recherche-création qui se donne à voir, où les expérimentations menées en laboratoire, en atelier ou en salle de classe trouvent un écho auprès du public montréalais et international réuni par MUTEK.
Image de couverture : Exposition du groupe AI Ecologies Lab à MUTEK Forum 11 (2025). ©Felix Bonnevie
Publié le lundi 17 août 2026
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