L’espace et la ville : pistes de réflexion sur l’urbanisation des technologies spatiales

Rencontres Interdisciplinaires 2022

Présenté dans le cadre du Hexagram Network Garden au Festival Ars Electronica 2021

Les interactions entre environnements urbains, technologies et communautés dépendent de plus en plus des infrastructures de télécommunication spatiale. Pourtant, ces infrastructures demeurent à la fois invisibles et inaccessibles. Quelles techniques peuvent être mobilisées pour évaluer (et subvertir) leur matérialité ainsi que leur impact socio‑environnemental ? Quels types de stratégies de cohabitation entre personnes citoyennes, artistes, chercheures, scientifiques, entreprises, architectes et urbanistes pourraient initier de nouvelles formes d’engagement collectif et susciter des relations inédites avec l’environnement bâti ?

Partant du principe que le droit à la ville constitue un droit humain fondamental, cette table ronde vise à proposer des stratégies permettant de mieux l’exercer dans le contexte de l’urbanisation des technologies spatiales. En s’intéressant aux effets d’une pensée planétaire à l’échelle urbaine, elle cherche à inventer des possibilités d’engagement esthétique, écologique et civique qui interrogent l’impact urbain des infrastructures de télécommunication spatiale. Elle vise également à développer des modes d’évaluation et de subversion de cet impact en explorant ce que les matérialités de ces infrastructures rendent possible ou, au contraire, empêchent.

À travers des interventions urbaines in situ, des études de cas et des provocations visuelles, les membres étudiants et chercheurs examineront les formes matérielles que prennent les technologies spatiales dans la ville. Leur discussion portera sur des projets artistiques, urbains et scientifiques afin de réfléchir à des modes d’engagement esthétique « extra-terrestre » et à des formes créatives d’adaptation de l’environnement urbain.

Intervenants

Marie-Pier Boucher
Alice Jarry
Emiliano Gandolfi
Bernard Foing
Guillaume Pascale
Lee Wilkins
Philippe Vandal
Isabelle Boucher


Biographies

Marie‑Pier Boucher explore les dimensions artistiques de la science et de la technologie, en portant une attention particulière à la conception d’environnements destinés à soutenir la vie dans des conditions extrêmes. Elle est coéditrice de Being Material (MIT Press, 2019), Heteropolis (2013) et Adaptive Actions Madrid (2010). Elle est la responsable du groupe de recherche Space Media au McLuhan Center. Ses travaux récents ont été publiés dans le Canadian Journal of Communication, Épistémocritique et présentés au Centre Pompidou. Ses résidences de recherche incluent la NASA (Johnson Space Center), le Banff Center, le Max Planck Institute for the History of Science et SymbioticA. Elle est professeure adjointe à l’Institute of Communication, Culture, Information and Technology ainsi qu’à la Faculty of Information de l’Université de Toronto.

Alice Jarry est artiste‑chercheuse, spécialisée dans les œuvres réactives in situ, les pratiques art‑science et le design durable. Elle explore le potentiel transformateur des matériaux biologiques, intelligents et résiduels pour examiner les enjeux socio‑environnementaux liés à la matérialité et aux infrastructures urbaines. Elle est titulaire de la Chaire de recherche de l’Université Concordia en pratiques critiques des matériaux et de la matérialité, directrice du Biolab de l’Institut Milieux (Concordia), membre de la Chaire d’excellence du Canada sur les villes de nouvelle génération (Concordia) ainsi que d’Hexagram. Ses travaux récents ont été présentés au Centre Pompidou (Paris), au Vox — Centre de l’image contemporaine (Montréal) et à la Biennale Némo (Paris).

Emiliano Gandolfi (Italie / Rotterdam, Pays‑Bas) est urbaniste et commissaire indépendant, particulièrement intéressé par les stratégies culturelles comme moteurs de développement urbain. Il est cofondateur de Cohabitation Strategies, une coopérative à but non lucratif dédiée au développement socio‑spatial. Il est également cofondateur d’Urban Front, un groupe de consultation international qui accompagne des gouvernements progressistes dans la mise en œuvre de stratégies de planification et de développement durable en lien avec les savoirs issus des communautés locales. Il a été co‑commissaire de la 11ᵉ Exposition internationale d’architecture – Biennale de Venise, ainsi que commissaire au Netherlands Architecture Institute à Rotterdam. Le travail de Gandolfi a été présenté dans des institutions internationales telles que la Biennale de Venise, la Triennale d’architecture de Lisbonne et le Museum of Modern Art (MoMA), New York.

Bernard Foing est astrophysicien spécialisé en sciences spatiales, directeur de l’International Lunar Exploration Working Group ainsi que des fondations ArtMoonMars et MoonGallery. Foing a été le scientifique principal du projet SMART‑1, la première mission européenne vers la Lune. Il a également dirigé des études portant sur des orbiteurs et des atterrisseurs lunaires. Foing a contribué à démocratiser l’accès aux technologies spatiales en facilitant la participation de chercheur·euse·s et d’artistes aux centres spatiaux et aux conférences internationales. Il est professeur en sciences de la Terre et des planètes à la Vrije Universiteit Amsterdam.

Guillaume Pascale est doctorant en Études et pratiques des arts à l’Université du Québec à Montréal. Il développe le concept de « géographie verticale » afin d’examiner comment les images et données satellitaires peuvent se traduire en visuels et récits spéculatifs qui interrogent l’incertitude et la précarité des activités humaines situées sur Terre.

Lee Wilkins est artiste, cyborg et enseignant travaillant avec les technologies portables. Wilkins poursuit un doctorat à l’iSchool de l’Université de Toronto, et sa recherche porte sur les politiques matérielles des combinaisons spatiales. Wilkins enseigne des cours d’électronique à l’Université OCAD, à l’Université Ryerson et au Sheridan College, et assure également la codirection exécutive de Little Dada.

Philippe Vandal est étudiant au baccalauréat en Intermedia CyberArts à l’Université Concordia. À l’intersection de préoccupations technologiques, écologiques et artistiques, sa pratique relie le design spéculatif bio‑inspiré, la chimie environnementale et des interventions matérielles in situ pour examiner les potentialités artistiques et les limites pratiques de la bioremédiation de sites contaminés dans les environnements urbains montréalais. Il s’intéresse actuellement à la relocalisation de systèmes écologiques dans des contextes expérimentaux de plus petite échelle et contrôlables, afin de faciliter la reproductibilité de milieux affectés tout en abordant leurs enjeux liés aux déchets.

Isabelle Boucher (MA en philosophie, UdeM) est doctorante en Communication Studies à l’Université Concordia. Son travail croise la philosophie, les études médiatiques et les études sur les déchets afin d’examiner les fondements normatifs et les implications toxiques des politiques de durabilité liées aux économies extractives. Boucher s’intéresse au potentiel de projets artistiques forensiques et sensibles aux sites pour repenser la bioremédiation à travers des formes de savoir spéculatives et marginalisées, dans l’espoir de favoriser des modes de co‑appartenance différents entre processus vivants et non vivants.

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